Le 2 octobre 2024, Albert M. sort de chez lui avec son caddie rouge. Le 9 octobre, Florian C. part courir sur les sentiers du Mont Veyrier. Le 23 octobre, Michel Revil enfourche son vélo pour aller chez le dentiste. Aucun des trois ne rentre ce jour-là. En l’espace de trois semaines, Annecy-le-Vieux devient le théâtre de trois disparitions inquiétantes qui vont mobiliser la gendarmerie de Haute-Savoie pendant plus d’un mois.
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Premier disparu : Albert M., 89 ans
Un mercredi matin d’octobre, Albert M. quitte son appartement de Cran-Gevrier. À 89 ans, ce retraité a gardé ses habitudes. Sa canne à la main, son caddie rouge pour les courses, il sort faire ses emplettes. Ses proches attendent son retour. Il ne reviendra jamais.
La famille alerte rapidement les autorités. Les recherches démarrent dans le secteur. Les jours passent. Puis les semaines. Le 4 novembre, soit 33 jours après sa disparition, son corps est retrouvé à Annecy-le-Vieux.
Un détail intrigue les enquêteurs. Quelques jours avant cette découverte, le sac d’Albert avait été accroché à une barrière du quartier. Comment est-il arrivé là ? Qui l’a placé à cet endroit ? L’enquête conclura finalement à un décès accidentel, sans intervention criminelle.
Deuxième affaire : Florian C. ne revient pas de son trail
Sept jours après la disparition d’Albert, c’est un tout autre profil qui inquiète les secours. Florian C., la trentaine, passionné de course à pied, décide de partir s’entraîner le soir du 9 octobre. Direction : le Mont Veyrier, un massif qu’il connaît bien.
Sa voiture est retrouvée sur un parking forestier d’Annecy-le-Vieux. Vide. Les clés à l’intérieur. Aucune trace du coureur.
Les équipes de secours ratissent le secteur pendant des semaines. Le terrain est difficile. Les sentiers nombreux. Le 2 novembre, 24 jours après sa disparition, le corps de Florian est localisé dans le massif. L’état de décomposition avancée complique l’enquête, mais là encore, aucune piste criminelle n’émerge.
Troisième cas : Michel Revil disparaît en plein jour
Le 23 octobre au matin, Michel Revil a rendez-vous chez son dentiste à Annecy-le-Vieux. Cet homme de 52 ans vit chez ses parents. Il n’a pas de téléphone portable. Il prend son VTT violet, enfile son pull de montagne blanc crème, glisse son vieux sac à dos marron sur ses épaules.
Le cabinet dentaire confirme sa présence vers midi. Il ressort. Puis plus rien.
Ses parents s’inquiètent dès le soir même. Leur fils rentre toujours. La gendarmerie lance un appel à témoins le 25 octobre. Le signalement circule largement :
- 1m75 à 1m77
- Environ 110 kilos
- Lunettes de vue
- VTT violet
- Sac à dos de montagne marron clair
Les jours s’écoulent. Le 6 novembre, l’histoire prend un tour inattendu. Michel est retrouvé en Suisse. Vivant. En bonne santé. Il a quitté la France de son plein gré. Une disparition volontaire qui met fin à deux semaines d’angoisse pour sa famille.
Un périmètre géographique troublant
Trois hommes. Trois générations différentes. Un octogénaire, un trentenaire sportif, un quinquagénaire discret. Ils ne se connaissaient pas. Leurs vies ne se croisaient jamais. Pourtant, tous trois ont disparu dans un rayon de moins de 10 kilomètres.
Annecy-le-Vieux. Le Mont Veyrier. Cran-Gevrier. Ce triangle géographique devient le point commun de ces trois affaires. Les gendarmes créent une cellule dédiée pour coordonner les recherches. Les bénévoles se mobilisent. Les habitants scrutent les alentours.
Mais les enquêteurs écartent rapidement l’hypothèse d’un lien criminel. La densité de population explique cette concentration. Le Mont Veyrier attire des milliers de randonneurs chaque année. Annecy-le-Vieux compte plus de 20 000 habitants.
Les investigations révèlent trois histoires distinctes
Pour Albert, 89 ans, la thèse de l’accident domine. Un homme âgé, peut-être désorienté, victime d’un malaise ou d’une chute. Le mystère du sac accroché reste entier, mais ne change pas les conclusions.
Pour Florian, le trail s’est transformé en tragédie. Une chute ? Un malaise cardiaque en plein effort ? Le Mont Veyrier, malgré sa proximité avec la ville, cache des zones difficiles. Des passages escarpés. Des secteurs isolés.
Pour Michel, la vérité était ailleurs. Un départ choisi. Des raisons personnelles qui lui appartiennent. Une décision qui aura bouleversé ses proches pendant deux semaines.
D’autres disparitions dans la région
La Haute-Savoie connaît régulièrement ce type de drames. En juin 2025, Christelle Da Silva, 47 ans, disparaît de Scionzier. Son cas reste en suspens. L’été 2025 voit aussi deux noyades dans le Lac d’Annecy, rappelant les dangers des activités aquatiques et de montagne.
Chaque année, les secours en montagne interviennent des centaines de fois dans le département. Randonneurs perdus, alpinistes blessés, skieurs égarés. Le relief magnifique cache des risques réels.
Bilan d’un mois d’octobre 2024 qui a marqué Annecy
Aujourd’hui, trois mois après ces événements, les familles ont des réponses. Deux d’entre elles portent le deuil. La troisième a retrouvé un proche en vie.
Les gendarmes ont déployé des moyens considérables. Hélicoptères, maîtres-chiens, plongeurs, bénévoles. Chaque disparition inquiétante a mobilisé des dizaines de personnes pendant des jours. Le numéro d’urgence 08 00 97 10 71 a reçu des centaines d’appels.
Ces trois affaires rappellent une réalité : derrière chaque disparition, il y a une famille qui attend. Des proches qui espèrent. Et parfois, comme pour Michel Revil, un dénouement heureux. Mais trop souvent, comme pour Albert M. et Florian C., une fin tragique qui laisse des questions sans réponses définitives.

