Le 21 février 2025, un tweet enflamme Twitter. Jules Torres, chef du service politique au Journal du Dimanche, affirme avoir surpris une conversation explosive entre membres de l’ARCOM dans un restaurant parisien. L’autorité dément aussitôt et menace de poursuites. Encore une fois, ce journaliste de 25 ans se retrouve au cœur d’une controverse médiatique. Mais qui se cache derrière cette figure montante du journalisme politique français ?
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Les Sables-d’Olonne, la Sorbonne, puis Valeurs Actuelles
Jules Torres naît le 17 janvier 2000 aux Sables-d’Olonne, en Vendée. Lycéen brillant, il décroche son bac littéraire avec mention en 2018. Direction la Sorbonne-Paris IV pour des études de lettres modernes. L’aventure universitaire tourne court : après seulement un an, il quitte les bancs de la fac.
À 20 ans, il frappe à la porte de Valeurs Actuelles. Le magazine conservateur lui offre d’abord un stage en 2020, puis un poste de journaliste politique. Pendant trois ans, il couvre les coulisses de la vie politique française, construit son réseau, apprend le métier sur le terrain.
Dans les coulisses de la campagne Zemmour
2022 représente une année charnière. Jules Torres sort « Zemmour, dans le secret de sa campagne » chez Plon. Le livre lève le voile sur la tentative présidentielle d’Éric Zemmour. Accès privilégié au candidat, révélations sur l’organisation interne, anecdotes inédites : l’ouvrage confirme que le jeune reporter dispose d’entrées solides dans la droite médiatique française.
Cette proximité assumée avec certaines figures conservatrices forge sa réputation. Certains confrères saluent son carnet d’adresses impressionnant. D’autres pointent un manque de distance critique. Torres avance sans se préoccuper des critiques.
Chef de service à 23 ans
Septembre 2023 : coup de théâtre. Le Journal du Dimanche recrute Jules Torres comme chef du service politique. Il a 23 ans. Geoffroy Lejeune vient de quitter le poste. La direction du JDD parie sur ce profil atypique, ultra-connecté aux réseaux politiques de droite.
La nomination surprend dans le milieu journalistique parisien. Diriger le service politique d’un hebdomadaire national à cet âge reste exceptionnel. Torres relève le défi, impose son style direct, multiplie les scoops.
Parallèlement, il devient chroniqueur régulier sur CNews chaque samedi matin. Europe 1 l’invite pour le podcast « Ça fait débat ». Cette omniprésence médiatique construit sa notoriété auprès du grand public.
L’affaire ARCOM : accusation, démenti, tempête
Le 21 février 2025, Jules Torres publie sur les réseaux sociaux une information explosive. Selon lui, trois membres de l’ARCOM auraient tenu ces propos dans un restaurant parisien : « On nous a demandé de virer Hanouna, on l’a fait, on a fait notre boulot » et « On se fiche de mettre 400 copains d’Hanouna au chômage ».
Le timing n’est pas anodin. L’ARCOM vient de refuser le renouvellement de la licence de C8 en décembre 2024. La chaîne de Cyril Hanouna doit cesser d’émettre le 28 février 2025. Les propos rapportés suggèrent une instrumentalisation politique de l’autorité de régulation.
La réponse de l’ARCOM tombe comme un couperet. L’institution dément formellement. Aucun membre décisionnaire ne se trouvait dans ce secteur à cette date, affirme-t-elle. Pire : elle envisage des poursuites judiciaires contre le journaliste.
L’affaire divise la profession :
- Les uns défendent le droit du journaliste à révéler ce qu’il a entendu
- Les autres questionnent la vérification des sources et l’anonymat des témoignages
- Certains y voient une attaque contre l’indépendance de l’ARCOM
- D’autres dénoncent justement le manque d’indépendance de cette autorité
La polémique illustre la posture de Torres : fonceur, prêt à publier l’information brûlante, quitte à affronter ensuite les démentis et les menaces.
Vie privée sous silence
Contrairement à son exposition professionnelle massive, Jules Torres verrouille sa vie personnelle. Marié, en couple, célibataire ? Aucune information ne filtre. Les recherches sur « Jules Torres compagnon » ou « Jules Torres compagne » restent vaines. Le journaliste trace une frontière nette entre sphère publique et intimité.
Sur Twitter (@JulesTorres17) et Instagram (@julestorres17), il partage exclusivement son actualité professionnelle. Pas de photos privées, pas de confidences personnelles. Cette discrétion contraste avec la tendance actuelle des jeunes journalistes à exposer leur quotidien sur les réseaux.
Il conserve néanmoins un attachement visible à ses racines vendéennes, même si Paris est devenu son terrain de jeu professionnel.
Un journalisme engagé qui dérange
À 25 ans, Jules Torres incarne une génération de reporters politiques qui refuse la neutralité fade. Son approche frontale, ses accès exclusifs à certains milieux, sa rapidité à publier l’information sensible : tout cela construit un profil singulier dans le paysage médiatique français.
Ses détracteurs dénoncent un activisme déguisé en journalisme, un manque de recul, une ligne éditoriale trop marquée politiquement. Ses soutiens admirent au contraire sa capacité à obtenir des informations que d’autres n’ont pas, son refus des consensus mous, son courage face aux institutions.
Une certitude : Jules Torres continuera de créer la polémique. Son ascension fulgurante, sa proximité avec la droite médiatique, ses révélations fracassantes garantissent que son nom reviendra régulièrement dans l’actualité. Reste à savoir si cette stratégie du coup d’éclat permanent lui permettra de durer dans un métier où la crédibilité se construit sur le long terme.

